#Vibrer

Une colonne entre ses cuisses

Liseux présentait ainsi l’ouvrage en 1885 : « un manuel où tout ce qui regarde l’amour et les rapports sexuels serait exposé dans un ordre méthodique : classification des plaisirs, diverses manières de les goûter, préceptes d’hygiène, composition des baumes et parfums, recettes aphrodisiaques ; excellent conteur et bon poète, il a de plus assaisonné le tout de quantité d’historiettes divertissantes. »

La Religieuse

Elle m’invitait à lui baiser le front, les joues, les yeux et la bouche ; et je lui obéissais ; je ne crois pas qu’il y eût du mal à cela ; cependant son plaisir s’accroissait ; et comme je ne demandais pas mieux que d’ajouter à son bonheur d’une manière innocente, je lui baisais encore le front, les joues, les yeux et la bouche.

Qui mieux qu’une femme ?

Elle se penche devant lui et relève sa jupe, comme elle avait vu faire à la paysanne et… quelques secondes passent, puis elle sent… Une sorte de fer chaud glisse dans un trou étroit que Louise veut désespérément dilater. Cela semble accrocher en elle des chairs qui souffrent.

Amours interdites

À quinze ans, un jeune homme, frère de ma maîtresse de modes, me prit le con à la poignée, au moment où je regardais par la fenêtre, et voulut me chatouiller le clitoris avec son doigt ; mais il me fit mal, et je lui donnai un soufflet.
À cette époque, mon père n’osait plus m’asseoir à cul nu sur ses genoux, ni me faire décharger en me léchant le con ; il se retirait dès que je donnais le premier signe d’éveil.

Un jour, mon prince viendra…

[…]Culculine se baissa et, relevant la chemise, découvrit des cuisses rondes et grosses qui se réunissaient sous le chat blond cendré comme les cheveux. Alexine, poussant des petits cris de volupté, ramena sur le lit ses petits pieds qui laissèrent échapper des mules dont le bruit sur le sol fut sec.

Divin Marquis

DOLMANCÉ : Eh bien, madame, je vais m’étendre sur ce canapé ; vous vous placerez près de moi, vous vous emparerez du sujet, et vous en expliquerez vous-même les propriétés à notre jeune élève. (Dolmancé se place et Mme de Saint-Ange démontre.)
MME DE SAINT-ANGE : Ce sceptre de Vénus, que tu vois sous tes yeux, Eugénie, est le premier agent des plaisirs en amour

Si l’art et la jouissance se conjuguent

Aussi, un désir irrésistible me fit encore me précipiter à genoux entre les jolies cuisses et coller ma bouche entre elles, transport qui nous valut l’obligation de poser ainsi de nouveau… Puis, sans plus tarder, nous nous mettons en devoir de poser pour l’acte naturel…

Par le petit trou de la lorgnette

Émile aspirait les chairs satinées de la jeune femme, échauffée, surexcité par sa leçon du matin ; il extravaguait devant cet abandon de la femme, se révélant dans ses charmes, et il pétrissait avec une fièvre de plus en plus folle les trésors qu’il découvrait

Céline l’homme

Louis-Ferdinand Destouches dit Céline (1894-1961) est considéré comme l’un des écrivains majeurs du XXe siècle.

Il a vingt ans quand la Première Guerre mondiale éclate, il en revient blessé gravement à la tête mais auréolé de gloire. En réaction, il écrit Voyage au bout de la nuit en 1932 sous le pseudonyme Céline. Grâce à une écriture d’une férocité aiguë, il restitue l’émotion vécue et bouleverse la littérature. Il épouse Lucette Almansor en 1943, danseuse qui l’accompagnera tout au long de sa vie et partagera inconditionnellement ses épreuves.

Médecin aux idées largement antisémites, il quitte la France pour l’Allemagne en 1944, séjourne à Sigmaringen, puis rejoint le Danemark en 1945. Il est condamné en 1950 à l’indignité nationale et à la confiscation de ses biens avant d’être finalement amnistié en 1951. Il meurt en 1961 à Meudon.

Céline écrivain

Avec Proust, Céline est le second grand écrivain français à avoir répudié complètement l’emploi d’un langage innocent. La littérature n’est que pour communiquer le scandale, l’échec. Quand le procédé de communication est lui-même scandaleux, elle en est aggravée. C’est pourquoi une règle, des lois, autres que la cohérence propre à chaque auteur l’empêchent de s’accomplir. La suite, la reconnaissance, sera affaire de goûteurs ; la moindre part. Céline demeure un criminel impardonné. Son œuvre est refusée comme outrepassant les droits de parole de la littérature.

Dans l’œuvre de Céline, chacun poursuit la mort des autres. Parfois en gros, comme c’est l’habitude à la guerre, plus souvent en détail, par l’assassinat direct et indirect. Faire mourir, laisser mourir : la méchanceté, la cupidité, la bêtise ajoutent leurs effets à ceux de la physiologie. Céline nous montre un monde sans autre projet cohérent que la mort.