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Jean Cocteau

ean Cocteau est l’un des principaux poètes du début de ce siècle. Il demeure moderne par son écriture, son usage du vers libre, sa vitesse, son parti pris de l’image. Mais il fut également ce moderniste militant qui donna en 1917 Parade aux Ballets russes (avec Picasso et Erik Satie), ou qui organisa la première manifestation du « Groupe des six » (réunissant Darius Milhaud, Francis Poulenc, Georges Auric, Arthur Honegger, Germaine Tailleferre et Louis Durey), auquel est dédié l’un de ses premiers textes, Vocabulaire. Cocteau le protéiforme occupe une place charnière : il fait ainsi figure de « passeur » de la nouveauté musicale, picturale, poétique, chorégraphique et cinématographique des années 1920.

Jorge Luis Borges

Jorge Luis Borges restera l’un des écrivains les plus originaux et les plus profonds d’Amérique Latine. Essayiste, conteur, spécialiste des littératures scandinaves, poète, chroniqueur de cinéma, etc… Il serait vain de diviser son œuvre en autant de genres illustrés. La distinction des genres serait chez ce formaliste particulièrement arbitraire. Et ce n’est pas là son moindre paradoxe. La diversité d’intentions n’est qu’un jeu d’apparences. Un style, des préoccupations, des thèmes constants dénoncent une véridique unité. Au travers de formes dont il s’amuse à troubler nos certitudes, déjouer nos hâtes à savoir et conclure, c’est une même aventure elliptique de l’esprit qui se poursuit en profondeur, ou, selon ses propres termes, une de ces secrètes aventures de l’ordre qu’il aime tant voir aboutir chez d’autres

Simone De Beauvoir

Simone de Beauvoir est l’auteur d’un imposant continuum de textes à la première personne. De ce vaste programme d’écriture de soi, qui couvre à peu près toutes les formes d’autoconsignation, on trouve peu d’équivalent au sein de la littérature française. Ses écrits personnels rencontrent un écho démultiplié dans son œuvre romanesque, où l’on a souvent cherché toutes sortes de clés, mais aussi dans ses engagements intellectuels et politiques, notamment en faveur de la cause des femmes.

Howard Lovecraft

Initié, poète, voyant, conteur imaginatif, correspondant terrestre d’une centrale psychique… L’explication du génie de Howard Philips Lovecraft importe moins que sa place au sein d’une littérature qui est définition même de l’imaginaire car elle ne lui assigne aucune limite. Son œuvre suit un courant du fantastique où figurent des auteurs tels que Kafka, Borges ou Henry James, qui subordonne la composition à des références culturelles : psychanalyse, histoire des religions, métaphysique ou valeurs esthétiques.

Patrick Modiano

Comment s’est progressivement forgée la fameuse petite musique modianesque : des personnages à l’identité trouble, un mélange de flou et de précision dans le style, la passion des noms propres, une mémoire confuse et néanmoins obsessionnelle, hantée par les périodes les plus sombres de l’histoire française – la collaboration – et par les faits divers les plus tragiques.

Lewis Carroll

II y a plusieurs personnages en Lewis Carroll (de son vrai nom Charles Dodgson), victime de l’éducation puritaine de l’époque victorienne : d’une part le logicien rigoureux, formé par son père à la sévère discipline de la logique mathématique, le professeur, le clergyman digne et austère. D’autre part le fantaisiste plein d’humour, l’artiste, le magicien créateur de mondes imaginaires, le poète plus sensible que quiconque a la fraîcheur d’une âme d’enfant et à la grâce d’un sourire de petite fille. Et aussi l’homme de chair, amateur de beauté féminine, en butte aux tentations de ce qu’il avait été conditionné à appeler le péché.

Albert Camus

Né en Algérie et issu d’une famille très pauvre, émigrée ou transplantée, et sans culture autre que populaire, rien ne prédisposait Camus à devenir l’immense écrivain et penseur qu’il fut. Consacré par l’attribution du prix Nobel de littérature en 1957, Camus est l’auteur d’une œuvre exceptionnelle. Sa réflexion sur l’absurde dans la condition humaine et sa défense de la révolte comme un moyen de donner sens à l’existence ont marqué la pensée de la seconde moitié du XXe siècle.

Colette

« Je veux faire ce que je veux », disait Colette. Cette liberté, qui fut celle de la femme, tout au long de sa vie, fut aussi celle de l’écrivain occupé à bâtir une oeuvre à l’écart des grands mouvements littéraires et idéologiques de la première moitié du XXe siècle. Au risque d’être elle-même tenue à l’écart de l’institution littéraire.